Interview AGRIZ : Découvrez comment Agriz s’est réinventée avec Loïc Mounier, cofondateur d’Agriz

  • Bonjour Loïc, peux-tu te présenter et présenter Agriz en quelques mots ?

Je suis né au sein d’une famille de producteurs maraîchers passionnés par leur métier et constamment à la recherche de productions originales et très qualitatives.

Au cours de mes études à l’EM-Lyon, j’ai rencontré Paul (ingénieur en finance et informatique) et Kevin (formation en digital/marketing et logistique) et c’est la conjonction de nos 3 domaines de compétence qui nous a permis de créer ensemble Agriz en 2017. Nous sommes partis de l’idée d’une plateforme de mise en relation B2B entre producteurs de fruits et légumes et grossistes pour aboutir au final à une activité entre la market place et le site e-commerce :  nous travaillons avec 80 producteurs de Rhône-Alpes pour approvisionner 250 clients restaurateurs. Agriz rassemble aujourd’hui 17 salariés et propose une large gamme de plus de 1600 variétés de fruits et légumes.

Notre vraie singularité est d’avoir mis en place un cahier des charges spécifique et exigeant pour les producteurs (avec 170 points de contrôle !) afin d’assurer aux restaurants lyonnais la fourniture de fruits et légumes locaux, de grande qualité et adaptés à leurs besoins. Les producteurs que nous accompagnons dans cette démarche exigeante produisent non seulement des fruits et légumes d’exception en termes de qualité et de goût, mais surtout sont respectueux de l’environnement (gestion de l’eau et des déchets, respect de la biodiversité) et de l’humain, en accord avec notre vision de l’agriculture 2020.

  • Quelle ont été les conséquences pour Agriz de la crise du covid-19 ?

Avec la fermeture des restaurants, nous avons subi de plein fouet la crise du covid-19, d’autant plus que 95% de notre chiffre d’affaire était réalisé avec les restaurants !

Il a fallu réagir très vite car nous avions du stock et des commandes en cours. Afin de valoriser ce stock et « ne pas planter les producteurs » on a d’abord rebondi très vite sur la vente de paniers aux particuliers (plus de 130 paniers en 2 heures !), et on a sauvé la boîte !

  • Comment Agriz s’est adapté à cette situation de crise ? quelles actions avez-vous mises en place ?

Nous avions déjà livré ponctuellement quelques magasins de producteurs mais l’annonce du gouvernement pour inciter les Français à consommer français et local a boosté la demande. Afin de ne pas pénaliser les producteurs, de maintenir l’activité d’Agriz et les emplois, nous avons développé ce marché et ça a bien fonctionné ! On s’est réinventé en passant du commerce de détail à la livraison de demi palettes de salades ou tomates ! On a sauvé l’entreprise en découvrant une nouvelle clientèle et en mettant en place une nouvelle logistique. Ainsi nous avons pu maintenir notre chiffre d’affaire en avril, payer nos fournisseurs et préserver le revenu des petits producteurs. C’était important pour nous de ne laisser personne sur le côté pendant cette crise.

  • Comment vois-tu la reprise et l’avenir d’Agriz ?

La réouverture des restaurants, cette semaine, va permettre de redonner des couleurs à cette activité très impacté par la crise !

Agriz va sortir grandi de cette période avec la mise en place d’un nouvel axe stratégique et de forts enjeux sur la gestion des flux et la logistique. On va mener de front deux activités complémentaires et c’est la raison pour laquelle on recrute en commercial et en logistique. Nous sommes rassurés et nous avons confiance dans l’avenir car nous avons pu prouver notre capacité à rebondir et à nous réinventer malgré une situation de crise majeure !

  • Pour toi quels seront les impacts sur la filière fruits et légumes ?

Le consommateur français a pris conscience qu’il pouvait trouver de bons produits chez des petits producteurs locaux et qu’il pouvait donner plus de sens à ses achats. On sentait déjà fortement cette envie au niveau des restaurateurs mais la crise a amplifié cette démarche au niveau des consommateurs. Je suis confiant dans l’avenir car ces habitudes vont perdurer et permettre de développer la consommation locale en circuit court et mieux valoriser les fruits et légumes des petits producteurs.

 Interview réalisée par La FoodTech Lyon AURA