Interview de Philippe Audubert, cofondateur de la Ferme Urbaine Lyonnaise, par la FoodTech Lyon AuRA le 27/08/20

Bonjour Philippe, peux-tu nous présenter l’histoire de FUL en quelques mots ?

Christophe Lachambre, Didier Gaydou et moi-même avons créé FUL en mars 2014. Nous avions des compétences dans les domaines de la finance et de l’architecture/urbanisme mais nous n’étions pas issus du milieu agricole et nous souhaitions cependant proposer un regard différent sur l’agriculture tout en apportant une solution française inédite pour l’agriculture urbaine. FUL, solution indoor haute technologie, permet une production de végétaux toute l’année en s’affranchissant des aléas climatiques et sanitaires, sans utilisation d’intrants. Cela en fait déjà sur ce point une solution propre d’un point de vue environnemental. Notre objectif n’est pas d’être producteurs de végétaux : nous nous positionnons comme des « équipementiers » et nous proposons du matériel, des équipements et des services (maintenance, formation, SAV) à des clients industriels qui souhaiteraient par exemple installer un ou des modules sur des sites en milieu urbain. Entre 2014 et 2020, la startup FUL est passée de 3 à 15 personnes et fonctionne aujourd’hui davantage comme un bureau d’étude sur un projet très « Tech » intégrant à la fois de la haute technologie et du numérique. Nous apportons à nos clients des services de haute qualité et nous avons par exemple créé un algorithme afin de recueillir les données de production et améliorer en continue les propositions de recettes de culture aux clients. Le concept de FUL 4.0 permet une gestion des unités ainsi que leur maintenance à distance.

Quel a été l’impact de la crise de la covid-19 pour FUL ?

Nous avons pu constater un impact important sur notre business puisque nos clients se sont concentrés sur leur cœur de métier et ont été amenés à « geler » certains projets et à revoir leur budget d’innovation. Cette période floue et complexe a eu pour conséquence immédiate de bloquer nos ventes mais nous avons pu heureusement maintenir les engagements prévus.

Comment FUL s’est-elle adaptée à cette situation ? Quelles actions avez-vous mises en place ?

Pour atténuer au maximum les impacts de la crise, nous avons mobilisé toutes les aides à notre disposition et mis en place du chômage partiel et du télétravail : l’activité opérationnelle a été fortement réduite mais l’activité bureau d’étude a été maintenue grâce au télétravail qui s’est mis en place naturellement et facilement. Nous avons focalisé l’activité sur du travail de fond commercial et sur la révision et la mise à jour de nos documents techniques et commerciaux comme les manuels d’utilisation et de maintenance des unités par exemple.

Comment vois-tu la période septembre à décembre 2020 ? Et l’année 2021 ?

Le gros point dur pour FUL c’est la position des investisseurs : nous avions initié deux levées de fonds avant la crise covid qui n’ont pu aboutir. Les investisseurs sont aujourd’hui très prudents voir frileux : les levées de fonds sont donc devenues plus difficiles et complexes, avec une recherche de rentabilité extrêmement rapide côté investisseurs. FUL était en phase de croissance avec un besoin important de financements et la crise est vraiment arrivée au mauvais moment ! La situation financière est donc très tendue. Le côté positif, c’est que cette crise sanitaire a mis en lumière la question de l’autonomie alimentaire et a boosté la demande des consommateurs pour des produits de proximité, traçables et sains, ce qui va dans le sens de notre proposition de valeur et renforce les éléments de justification de notre activité. Pour les six prochains mois, le challenge pour FUL c’est de relancer les ventes et de réussir à convaincre de nouveaux investisseurs.